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   Forme des mains (Tao lu)                                                                                                

Pourquoi une forme carrée ?

Dans l’école Wudang, l’apprentissage de la forme passe par une forme dite "carrée".
Chaque technique est nettement détachée des autres et permet, d’une part à l’élève de bien mémoriser le nom et l’application martiale des techniques, et d’autre part à l’enseignant de corriger précisément les postures et les directions de l’élève.
Quand la forme carrée est acquise, l’élève peut alors commencer à travailler la fluidité et à pratiquer la forme "ronde".

Pourquoi des formes courtes ?

Depuis quelques années, beaucoup de professeurs, comme Dan Docherty, ont commencé à enseigner des formes "courtes".
La forme courte n’est pas une forme simplifiée, mais une série limitée des techniques de la forme longue avec moins de répétitions.
Ceci permet aux élèves d’acquérir rapidement une forme complète.
Elle leur donne un but facile à atteindre et ils abordent ensuite le travail de la forme longue avec plus de sérénité et d’assiduité.
En outre, leur délai d’exécution (4 à 6 mn) est parfaitement adapté aux compétitions, où un temps limité est imposé.
C’est pourquoi Dan Docherty a créé récemment une deuxième forme courte pour les élèves avancés.

La forme ronde

Les mouvements de la forme, exécutés lentement, enchaînant des flexions, contractions, extensions, torsions, alliés à une respiration calme et profonde, procurent un excellent massage interne, tonique pour les muscles, les tendons, les articulations, le système nerveux et la circulation sanguine.
La forme peut également se pratiquer en miroir, et à un niveau très avancé à l’envers.

La forme des mains et les applications martiales (San Shou) :

La pratique de la forme des mains et celle des techniques de combat sont complémentaires. Il en est de même dans la pratique des armes.

Les techniques de combat sont à l'origine de la forme des mains : l'enchaînement d'une série d'applications martiales, exécutées lentement, de manière souple et fluide, a pour but d'éduquer le corps dans la relaxation, aux mouvements efficaces et à l’utilisation de la force du corps entier.
Réciproquement, c'est la connaissance et la pratique des applications martiales contenues dans la forme qui apporte justesse, concentration et intention dans l'exécution des mouvements de la forme des mains.


  La poussée des mains (Tui shou)                                                                                    

Le terme de Tui Shou désigne des exercices effectués à deux, avec au départ un contact des mains avec celles du partenaire, d'où la traduction usuelle par le terme quelque peu réducteur de "poussée des mains".

C'est en réalité un travail très complet où l'on s'exerce :

- à écouter (Ting) : la détente des bras et des épaules permet de détecter les mouvements de l'autre, d'anticiper la direction et l'intention de la force exercée par le partenaire ;
- à détourner (Hua) la force : la flexibilité du corps et la mobilité de la taille permettent de ne pas résister, mais d'absorber et de rediriger la force
- à "décharger" (Fa) la force : l'enracinement et la solidité des postures permettent de conserver l'équilibre et de transférer la force du corps entier dans la poussée.

Pratiquer la poussée des mains est la meilleure méthode d'entraînement aux Cinq Stratégies et Treize Tactiques mentionnées dans les Classiques du Tai Chi Chuan.

Seule une longue pratique des Tui Shou permet d'acquérir des réflexes naturels, une perception instinctive des mouvements et déséquilibres du partenaire et d'y réagir avec promptitude et efficacité.

L'entraînement se fait tout d'abord à travers l'apprentissage de Tui Shou formels :

- 5 Tui Shou à pas fixes :
Fu Yang, Chin Si, Quatre Directions, Poussée à une main, Zhou Lu

- 4 Tui Shou à pas mobiles : Sept Etoiles, Neufs Palais, Da Lu, Cai Lang

Dans les Tui Shou fixes, on peut soulever le pied avant, notamment pour reculer sur une poussée et pour pivoter la taille plus aisément, mais aucun autre mouvement des pieds n'est autorisé : on travaille ainsi l'enracinement et l'équilibre, la capacité à absorber, à détourner et à émettre la force par la souplesse et l'élasticité du corps.

Dans les Tui Shou mobiles, on apprend à se mouvoir en avant, en arrière, sur les côtés, avec agilité et souplesse, tout en conservant un bon équilibre, pour esquiver une attaque et se repositionner dans un angle favorable pour contre-attaquer.

Le Tui Shou peut aussi se pratiquer de façon libre, où l'on découvre et applique les techniques de façon spontanée, à pas fixes ou mobiles.

Les différentes formes de Tui Shou libre, permettent de s'exercer avec les pratiquants de tous styles et écoles de Tai Chi, dans le cadre de rencontres conviviales ou
de compétitions.



  La self defense (San shou)                                                                                              

Pour être efficace dans un but pratique de self defense, l'enseignement du Tai Chi Chuan va bien au delà de la simple application avec un partenaire des techniques désignées nommément dans la forme :

- la mise en pratique des techniques de la forme nécessite le plus souvent de modifier les déplacements et l'orientation des mouvements ;
- une seule technique "nommée", comme celle du "simple fouet", renferme en réalité plusieurs techniques;

- beaucoup de techniques de Tai Chi Chuan ne se trouvent pas dans la forme (c'est la forme qui est basée sur la self-defense, et non l’inverse) ;

- enfin, il existe une grande variété de manières de mettre en pratique les différentes techniques et de les combiner.

Le terme de San Shou désigne une méthode pour "disperser, dissiper" les attaques de l'adversaire et en même temps contre-attaquer. ("San" signifie littéralement "couper la viande en filaments en la frappant").


Méthode de combat subtile et pratique exigeante en terme d'entraînement physique, cela peut prendre minimum 10 ans d'entraînement poussé pour maîtriser les techniques combatives du Tai Chi et pour être en mesure de les utiliser dans des compétitions de Full Contact avec des adversaires pratiquants d'arts martiaux externes ou dans des situations "extrêmes" d'agression.

Mais, l'apprentissage des San Shou peut offrir à chacun l'opportunité d'acquérir de bons réflexes, en premier lieu d'esquive et de protection, puis de contre-attaque, pour faire face à des situations réelles de self defense.

La pratique de la self defense proprement dite repose sur :

- l'apprentissage des différentes techniques de San Shou, lentement et isolément, afin d'acquérir les bons déplacements du corps, les différentes techniques des mains et des pieds, pour effectuer les parades, les clés, les balayages ou les projections (Chin Na /Shuai Jiao /Die Pu)

- un entraînement régulier à la mise en pratique de ces techniques combinées sur des attaques rapidement enchaînées, afin d'acquérir un sens instinctif de la bonne position (du corps, des appuis et des mains), de la bonne distance et du bon "timing".

Les autres aspects du Tai Chi sont complémentaires et indispensables pour progresser dans les techniques combatives :

- la pratique de la forme des mains qui permet de travailler la coordination, l'intention, la concentration et l'utilisation de la force du corps tout entier ;

- l'entraînement aux différentes formes de poussée des mains, Tui Shou, qui permet la mise en pratique des principes contenus dans les Classiques;

- la pratique des poids et des exercices internes du Nei Kung, qui permet d'entretenir une bonne forme physique, d'acquérir plus de puissance mais aussi de résistance aux coups, et de découvrir certaines techniques "cachées". 


  Le taï chi chuan, un art martial véritable                                                                       

Une interview de Patrice Becker parue dans le magazine Dragon, février 2006.

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